Coming soon in Avignon

Pour Paralel Avignon - 15 rue Bonneterie

# Posté le samedi 22 août 2009 21:30

Qu'est-ce qu'un adulte sinon un enfant brisé, morcelé, en miettes ? [André Berthiaume]

Pourrait-on dire qu'on avait passé l'arme à gauche? Certes, une partie de nous même était morte.

***Nous avions troqué la fraîcheur d'âme et la spontanéité inhérente à l'imperturbable plénitude de notre jeunesse pour l'avisement et la réflexion adulte. Nous quittions définitivement, et de manière irrévocable, le monde que nous avions connu depuis toujours pour un autre. Un monde abrupte, hostile, où de toute évidence il faudrait arbitrer des choix. Alors que jusque ici la vie n'était qu'enseignement, que l'erreur avait pour unique finalité l'instruction, nous pénétrions dans une ère nouvelle de notre existence où la vie serait une épreuve et l'erreur une condamnation. Alors que jusque ici on nous avait soutenu et relevé, il faudrait dès lors essuyer les damnations et se relever, seul.

***Pour nous tous, l'enfance était déjà loin. L'insouciance qui sommeillait en nous n'étais qu'artifice et nous pensions tout de même avoir notre idée de ce que serait la vie, notre vie, la vraie, après. Mais nous n'en savions rien. A la manière de grands enfants, nous nous reposions sur des idées préconçues quant à l'Avenir; à la manière de jeunes adultes, nous commencions à nous y confronter, peu à peu; à la manière de petits vieux, nous en débattions...déjà, et pour longtemps.
***Bizarrement, je me souviens comme si c'était hier de ce que m'avait dit Mr Giner -Thierry de son prénom-, CPE du Mourion, à la fin de ma 3e: "Les années lycées seront sûrement les plus belles de ta vie, tu verras".
De l'avis unanime de tous les élèves qu'il a du croiser dans sa carrière, c'est un con. Mais c'est lui qui avait raison. Du reste, nous avions des relations cordiales et il fut un éminent spectateur de la feu célébrité de ce blog.
***Ces 3 années de lycée -bonnes ou mauvaises, peu importe- portent en elles tout les symboles de cette "adulescence": responsabilité, mais insouciance; impératifs, mais retards impunis; problèmes, mais palliatifs; embuscades, mais fuites en avant; vie, mais rêve aussi. Elles constituent un summum de ces états de choses qu'elles associent merveilleusement, et dont les couples se brisent avec le déclin, à savoir le BAC. Tels sont les divorces qui s'opèrent par la force des choses entre des comportements droit et rigoureux et d'autres, enfantins, qui leur redonne de l'équilibre.

***Maintenant que de telles alliances se sont toutes entières consommées en moi-même, je regrette cette age béni et garde dans un coin de ma tête, songeant tout de même qu'il me vaudrait mieux ne pas avoir à m'en rappeler, ces mots d'une autre CPE, Mme Chapurlat -Sylvie de son prénom-, commentant sa carrière avec l'amertume de la femme qui n'a pas sa Rolex a 50 ans: "Tu vois, moi, à ton âge, je ne me serais pas laissé aller si j'avais su que je passerais 40 ans dans un bureau de ce style". Joignant l'acte à la parole, je me souviens qu'elle levait les yeux vers la baie de verre qui l'offrait à la vue de ces élèves avant de les rebaisser subitement, comme aveuglée par le regret.
Elle ne saura jamais qu'à cet instant, moi, tout ce que j'avais envie de lui dire c'était:

***"Mais madame, vous faites si bien votre métier, vous avez un si bon contact avec vos élèves! Alors quoi, vous venez me voir (bon, d'accord, j'allais la voir) avec vos 50 printemps et vous vous imaginez pouvoir détruire votre carrière avec quelques mots? Vous me faites-là une nécrologie, quand c'est l'apologie qui s'impose. Votre vie est une ½uvre, et vous en êtes le chef. Regardez comme vous menez la danse, vous imprimez votre rythme au sein de la plus belle église de France et pour tout croyants vous avez des élèves.
Les cul-bénit ne croient pas en leur prêtre, seulement en leur Dieu. Et bien vos élèves ne croient pas en vous, mais peut-être croient t-ils au Savoir, à l'Education, et votre mission est de les stimuler en ce sens, avec l'humilité du curé. Si votre tâche est sans gloire, elle est noble et vous rends majestueuse.
"

Toujours est-il qu'il y a un décalage entre ce que l'on attend de la vie, et ce qu'elle nous donne.

# Posté le vendredi 14 août 2009 04:00

Modifié le vendredi 14 août 2009 06:45

Danakil - Lettre

S'il n'était pas si difficile,
De conjuguer France & Partage,
Si la couleur, le nom, la ville,
Passais juste après le courage,
Qui resterais, et qui partirais?
Qui resterais?

Historiquement terre d'accueil,
Pour le meilleur et pour le pire,
Ce lui qui adopte pour abandonner,
Est-il un c½ur prit dans la cible,
Mon pays fait mal...

Quel est celui qui peut prétendre,
renvoyer famille & foyer,
Ouvrir ses bras pour faire attendre,
Mais au bout du compte garder le doigt levé,

Voici ma lettre au gouvernement,
Mais non nos frères ne sont pas des ours,
Et s'il y a ma lettre maintenant,
Amis reconsidérons-en la source,

Reçois ma lettre ô gouvernement,
Regardes le peuple comme une ressources,
Il aspire à l'être quand tu gouvernes, mens,
Et commet les erreurs pour lesquelles tu le course.


# Danakil - La lettre

Danakil - Lettre
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# Posté le samedi 08 août 2009 10:09

(r)ENONCE

(r)ENONCE
Je vous confierais volontiers que j'adore commencer mes articles par ce mot: "Finalement", mais j'essais de le faire le moins possible. A chaque fois je voudrais commencer comme ça, finalement. Mais c'est anachronique et ce serait prendre le fil par le mauvais bout.
Il nous faut préférer le raisonnement hypothético-déductif que déductivo-hypothétique, si je puis dire. Faisons de la science plutôt que de la psychanalyse, en somme.

Bref, laissons aux grammairiens la joie de s'approprier ce débat à coup de joutes verbales et retournons nous paître de toutes ces choses sans intérêt qui s'amoncellent dans les bouches plus ou moins fréquentables/fréquentées qui nous entourent.
Si la poésie touche parfois le c½ur, vos énoncés frôlent généralement le néant.
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# Posté le dimanche 28 juin 2009 11:39

andyfférence

andyfférence
***En tout état de cause, je n'aurais vraisemblablement même pas besoin de m'en remettre.
Le contre-coup m'attend peut être à l'arrivée, terré dans un coin. J'l'imagine me tomber dessus, comme une grosse enclume. Il substituerait à la joie d'un jeune bachelier les remords d'un ancien lycéen, coincé entre un mur de résultats officiels et un flot d'adulescents m-heureux mi-effondré.

***Et oui, le 7 juillet, il y aura des larmes de tristesse, aussi. Et les exaltations de joie n'y changeront rien, n'en alteront pas la douleur. 20% d'éplorés insatisfaits, plus ou moins déméritants, plus ou moins surpris, qui auront été plus ou moins pleins d'espoirs et qui ressortiront plus ou moins abattus.
C'est le lot de toute délibération: personne n'en sort indifférent.
Malgré les quotas, ils ne l'auront pas...le miracle de la démocratisation de l'enseignement et le cadeau d'un BAC offert à 80% de toute classe d'âge ne les concernera même pas, pas cette année en tout cas.
Parvenir à ce stade, et échouer si près du but, quand bien même des gens vous en indiquent la direction sans même le garder, c'est dur. C'est aussi la preuve que la généralisation du baccalauréat ne peut être l'adage de tous. La démocratie, c'est l'Egalité; mais ça ne signifie pas que tout le monde est capable de suivre un anciennement général.
***En revanche, les annonces d'emplois manuels qui s'accumulent dans les bases de données de nos Pôles Emploi sont là pour nous rappeler que si on tente de laisser croire à chacun qu'il a droit à son BAC, on continue de saboter les filières professionnels.


***Moi, je repenserais peut être à ces 3 dernières années. Je n'en sais trop rien....pour l'instant, ça ne me fait ni chaud ni froid.
***Je crois que, les années passant, les visages changeants, les silhouettes affluentes & refluantes, je me suis habitué à oublier. Quoique ce ne soit pas le terme: Je n'oublie pas, je compense; je substitue un tel à tel autre, la dite à la dissimulait. J'ai appris à me rendre les gens interchangeables.
***Ne voyez-là aucun mépris, aucune prétention, aucune indifférence. J'aime ces gens qui m'entourent, j'ai de l'estime pour eux, je les admires parfois, je les aimes souvent, j'y pense également, mais je me protège.
***Voilà sans doute un de ses comportements proprement humain et qui relève d'une logique de vision à long terme -et sans doute de peur de l'Avenir et du lendemain- auquel je suis sujet.
Parce que les temps changent j'ai appris, plus encore qu'à me rendre les gens interchangeables, à m'adapter. Aussi je me laisse aller à toute rencontre, pourvu qu'elle soit plaisante; aussi je n'm'y engage pas trop, pourvu que je garde tout mon discernement.

***Malgré tout, la nature humaine a ses propres lois et n'est pas législateur qui veut. Ainsi il subsiste de ces personnalités particulières, de ces individualités singulières, de ces esprits vifs & altruistes qui me sont chers et auxquels j'ai, de toute évidence, succombé.
Ceux-la savent que je ne les oublierais pas, ou ne le savent pas peut être. Le temps qui passe leur passera le message, quand après des mois ils me verront toujours là.



# Posté le lundi 15 juin 2009 17:04

Franck a l'fric, Omar le bong à eau.

Franck a l'fric, Omar le bong à eau.
Ils sont nombreux à vouloir changer le monde.
***ON est nombreux, devrais-je dire. Et on est jeune, c'est d'ailleurs notre meilleur argument. On est jeune, et on veut changer le monde ! C'est le propre de la jeunesse, de vouloir le changer: les vieux sont conservateurs, les jeunes souhaitent faire table-rase. On a pas inventé la poudre, les jeunes ont TOUJOURS voulu changer le monde.

***Pour autant, ce serait se méprendre que de croire que tous les jeunes sont des révolutionnaires et que tous les vieux sont des conformistes: il y des jeunes plus bornés que leurs parents et des viocs qui ruent dans les brancards tout les 1er mai !
***Tenez Cohn Bendit, ce vieux torchon aura 70 balais à la fin de son mandat fraichement remporté et pourtant, il manque pas d'entrain ! Rachida Dati, elle avait même pas coupé le cordon de son marmot qu'il courait déjà entre 2 CRS et 3 magistrats.
***Ça, c'est parce qu'à Droite comme dans les maisons de retraite, ON A PEUR. D'abord parce que y a les jeunes, qui veulent faire la révolution, et ensuite parce que y a les vieux comme Dany le Rouge, qui voulaient faire la révolution (avant de préférer la Terre au pavé).
Lui, il fait encore peur à son âge, tout les Halloween depuis 95 il campe devant l'Elysée. Bon, maintenant il est copain avec le président-de-droite, alors ça marche plus, François dit même qu'il est allé manger 3 fois avec lui & Carlita, le gros jaloux de Béarnais. N'empêche que Chichi, qui pourtant ne sourcillait jamais devant une tête de veau, s'en est souvent mouillé la Tena.
***Les français s'en foutent du Béarn, faut bien le dire. S'il n'y avait pas la sauce Béarnaise, personne saurait que François est français, c'est dire ! Tu vas me dire, y aurait pas de pinard et de fromage, peut être que personne ne saurait que la France existe.

***Enfin, ils auraient oubliés. Non parce que la France, j'vous rappelle, elle a brillé la France hein et elle avait pas besoin de Jean-Marie pour la lustrer ! La France, c'est à sa jeunesse de lui cirer les pompes.
Alors les jeunes, voilà le plan: vous lui cirer les pompes, vous lui tapez dans le service 3 pièces puis, quand elle est à 4 pattes, vous lui mettez un p'tit coup d'reins et vous l'achevez.
***D'ici là, je trouve de quoi mettre en place la phase B.
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# Posté le mardi 09 juin 2009 12:57

Tien An Men, 20 ans.

Tien An Men, 20 ans.
BEIJING—Alors que la lumière du jour perce, les tanks avancent et commencent à rouler sur des tentes, tuant les personnes encore à l'intérieur, 4 juin 1989.
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# Posté le jeudi 04 juin 2009 14:49

L'étranger idéal

L'étranger idéal
Moi aussi, je suis un étranger. Dans mon pays.
Je suis né là où étaient mes idées, elles n'y sont plus.
La Démocratie a perdue la tête et a rendue les citoyens étrangers à elle-même. Pire, la Démocratie a perdue la tête et elle a rendue les citoyens étrangers à eux-mêmes. L'impalpable idéal qu'elle a semée dans leurs esprit, elle l'a tuée. Génocide des idées.


***Je dois être anachronique, je pense. Je suis né avec un siècle et demi de retard, je suis arrivé trop tard, j'ai troqué mon train à vapeur pour un TGV qui court -gavé à l'énergie atomique- vers sa perte.
Résultat: je me sens étranger, étranger aux idées qui m'entoure; étranger à l'atmosphère qui m'enivre; étranger au monde qui m'accueille; étranger, enfin, à cette réalité qu'on me donne en patûre.
On peut bien m'en gaver, me la dépeindre en mille couleurs dans les journaux, sur les télés, dans les radios. Ces tableaux qu'ils m'offrent son sans saveur, leurs couleurs sont blafardes et leurs traits ne m'inspirent plus que le dégoût.
***Moi, j'ai des envies d'égalité en tête, je crois que les Hommes sont capables de rémission et j'imagine que l'Éducation Nationale est une espèce de Religion d'État qui substitue aux croyances traditionnelles l'aspiration à une société extraordinaire: libre, pensante, pacifiste, cordiale au reste de l'Humanité, unie, soudée, fière.
***Je sens bien que vous me prenez pour un allumé. Vous regardez tout le monde comme ça. Vous ne respectez plus les hommes, et vous ne vous respectez plus vous-même. Vous abolissez leur dignité, leur bonne conscience, leurs aspirations, leurs rêves, leur avenir et même leur Humanité sur l'autel de la rentabilité.
Combien de personnes avez-vous anéanties pour alimenter votre profit?

***Mais ce n'est pas votre faute. Nous le savons tous, nous en voulons au néant, nous n'en voulons à personne et nous en voulons à tous. C'est que ce qui nous a conduit là où nous sommes, c'est la grande marche de l'Humanité. Nous sommes parti de la Révolution Industrielle pour aboutir à l'Exploitation Universelle, c'est tout.
***Et puisque nous sommes tous responsables, absoudons-nous nous-même.

***Ceci étant, puisque je suis un pauvre fou, je me dis qu'on devrait tenter d'y remédier.
***Et parce que je suis taré, je crois que c'est à l'Etat qu'incombe cette tâche délicate.
C'est peut être farfelu comme cheminement, comme enchaînement d'idées, mais il m'a semblé comprendre que l'Homme n'était rien sans l'Homme et j'ai cru bon de m'abandonner à croire que si l'individu devait savoir se donner tout entier à la société, elle avait elle aussi le devoir de se vouer à lui.
***C'est aussi stupide que moi mais j'ai étais abusé par ce que vous aviez écrit sur le fronton de nos mairies: Liberté, Egalité, Fraternité. J'ai longtemps entretenu une espèce de sacralité démocratique & républicaine avec ces 3 mots. Je les ai lu, et ils m'ont imprégné. Je les ai lu, et ils me font écrire. Je les ai lu, et ils seront l'objet de mes combats.

# Posté le mardi 02 juin 2009 09:30

Modifié le mercredi 03 juin 2009 06:11